Crue du Rhône... Sans risque?

Nous voyons le retour de la crûe hivernale du Rhône. Ces jours-ci, à Lyon la promenade des quais est inondée. Un coup d’œil sur la hauteur des digues est toutefois suffisant pour se sentir protégés d’une inondation majeure et nous donner le sentiment que le fleuve est maitrisé.

La rareté des crues majeures nous fait oublier la gravité de leur impact. La dernière en date pour le Rhône, en 2003 a eu des conséquences dramatiques sur de nombreux lieux de vies tout au long du fleuve. Elle a occasionné 1 milliard d’euros de dégâts et 32 000 personnes ont été déplacées. Et pourtant, malgré les épisodes à répétition : 1981, 1983, 2001, 2003, la perception du risque par les riverains est contrastée * :

- 50% des personnes en zone inondable ne sont pas conscientes du risque auquel elles sont exposées.
- 53% des riverains interrogés estiment que le risque d’inondation est en augmentation (41% en 2013)
- 18% des habitants en zone inondable ont pris, ou envisagent de prendre, des mesures pour réduire leur vulnérabilité.

Inondations de 1910 à Givors. Archives Municipales de Lyon

Depuis près de 150 ans, le Rhône et la Saône n’ont cessés d’être aménagés et canalisés. Les visages de ces fleuves ont été profondément modifiés, pour passer de cours d’eau larges et peu profonds, au bras multiples, modelant son lit en fonction des saisons et du mouvement des sédiments, au Rhône profond et étroit, au débit puissant, que l’on connaît aujourd’hui. Passant d’un profil naturel à une dimension industrielle et rationnelle, ponctuée de barrages et corseté de digues.

Forêt alluviale inondéeForêt alluviale de l'île de la Table Ronde aux portes de Lyon lors de la crue du Rhône en janvier 2018

Mais ce calibrage des aménagements pour le débit moyen du fleuve met les riverains à la merci d’une crûe sortant de l’ordinaire. Les lônes (bras du fleuves, évoluant au fil des saisons et de l’accumulation des sédiments) et les champs d’expansion des crues ont été remblayées ou viabilisés, perdant leur rôle de zone tampon. Sur les affluents, le bétonnage des rives dans les agglomérations pousse les rivières à sortir de leur lit.

Forêt alluviale inondéeForêt alluviale de l'île de la Table Ronde aux portes de Lyon lors de la crue du Rhône en janvier 2018

Pour la première fois en Europe, en 1999, des mesures de réhabilitation du fleuve ont été prises. Le lit historique du fleuve, parallèle au canal creusé dans les années 1950 pour les besoins de la vallée de la Chimie, au Sud de Lyon, était presque à sec. Les travaux opérés dans les années 1990 ont multiplié le débit par 10 et 3 lônes ont été restaurées. Aujourd’hui ce travail de restauration des lônes continu, et c’est un axe de développement principal du fleuve pour limiter les risques.

RESSOURCES :

Site gouvernemental de surveillance des crues
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Inondations de 2001 :

https://www.youtube.com/watch?v=4WikPMJM-h8

https://www.youtube.com/watch?v=TcLmBCiMG5I_______________________________

* selon une enquête menée en 2016 http://www.planrhone.fr/sondage-inondation/


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Notre-Dame-des-Landes c’est fini?

Barricade de bottes de paille pour ralentir l'avancée des forces de l'ordre. Notre-Dame-des-Landes, octobre 2012.

Le projet n’aura pas lieu... Alors Notre-Dame-des-Landes c'est fini ?
C’est probablement la lutte la plus symbolique des années 2010, qui démontre qu’une mobilisation enracinée sur le terrain a pas mal de chance de porter ses fruits.

Un second Larzac ? Cela restera dans les mémoires avec la même intensité. Même s’il ne faut pas tourner la page trop vite, car il y a encore une grosse inconnue vis à vis de l'avenir de la ZAD et de ses habitants. Ils vont probablement se retrouver confrontés très rapidement aux forces de l’ordre. Et l’on a vu avec l’opération César de 2012, comment la situation pouvait pourrir sur place. En effet, ceux qui vivent sur la ZAD n’ont que faire des décisions gouvernementales. Et comme leur motivation est décuplée par le sentiment d’avoir remporté la lutte, il y a peu de chance qu’ils cèdent un pouce de terrain aux forces de l’ordre. Ce sont les perdants que l’on chasse, pas les gagnants…

Militants constatant la destruction d'une cabane à Notre-Dame-des-Landes, octobre 2012

L’histoire est-elle donc véritablement sur le point de se terminer ?
Avance-t-on sur un modèle d’îlot anarchiste à la Exarchia à Athènes ou Christiania à Copenhague ?
Ou bien n’aura-t-on de cesse que le dernier zadiste ne quitte les lieux ?
Si c’est l’objectif du gouvernement, l’abandon du projet d’aéroport ne signe pas la fin de l’histoire, mais seulement la fin de la première saison.

L'autre solution qui se profile est de convertir la ZAD en Zone Agricole de Démonstration, et d'en faire un terrain d'expérimentation en agro-écologie. C'est une idée séduisante, mais cela nécessiterait probablement que les habitants de la ZAD entrent en terrain légaliste et acceptent de racheter le terrain à l'état. A ceci près que je vois mal des squats être convertis en propriétés... Le futur est ouvert donc, et un rendez-vous est donné le 10 février 2018 sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour fêter la victoire et préparer la suite... Je pense que le feuilleton n'est pas terminé!

Et les autres ZAD dans tout ça?

À Sivens dans le Tarn, les 3 hectares de zone humide terrassés pour le chantier de retenue d'eau ont été restaurés. Reste une zone déboisée qui est en l’état. Le projet de barrage lui, a été revu à la baisse avec une meilleur intégration des populations locales. La manière de faire est assez contestée.

À Roybon, en Isère, le projet "Center Parcs" de Pierre et Vacances a du plomb dans l'aile. Il y a eu des défaites juridiques, et la ZAD a fêté ses 3 ans d'existence malgré un soutient des locaux au projet de bulle tropicale.

Trois ZAD, d'échelle plus petite ont disparues me semble t'il :
La ZAD du bois du Tronçay, dans la Nièvre, a été victorieuse face au projet de scierie/incinérateur ERSCIA. Le projet a été recalé en conseil d'état. La Zad s'est auto-dissoute suite à sa victoire, à l'automne 2013.

Construction de cabane à la ZAD du bois du Tronçay (Morvan) Printemps 2013. Cette ZAD s'est autodissoute en octobre 2013, le conseil d'état ayant rendu un avis négatif sur le projet ERSCIA

La ZAD de Décines contre le grand stade de l'OL, en périphérie de Lyon, s'est faite expulsée et le stade a été construit pour l'Euro 2016.
La ZAD d'Avignon contre le contournement routier LEO.... Silence radio depuis 2015. Je pense qu'elle s'est aussi dissoute.
En Italie, les NO TAV contre la ligne de TGV Lyon Turin, pèsent toujours dans la balance, mais le modèle est un peu différent. Il n'y a pas de ZAD permanente à l'année, et un très bon soutient de la population locale.
Et enfin le Gros Morceau : Bure. La tension monte progressivement sur le site d'enfouissement des déchets nucléaire français. Il y a quelques temps on parlait de "Nouveau Notre-Dame-des-Landes". Un coup d'éclat a eu lieu a l'été 2016 : la mise à bas d'un mur déclaré illégal par la justice à accéléré le tempo. La pression policière y est très forte.

Opposants au projet CIGEO faisant tomber le mur d'enceinte du bois Lejuc sur la totalité du 1,4 km erigé. Plusieurs équipes constituées de 10 à 20 personnes selon la taille, mettent quelques minutes chacune à faire tomber chaque pan de mur. Bure 14/08/16

Camp climat contre l'extraction du charbon - Allemagne

Malgré son avance sur les énergies renouvelables, l'Allemagne est un gros émetteur de gaz à effet de serre dû à l'extraction du charbon, l'une des sources d'énergies les plus émettrices de CO2. À Garzweiler, l'un des bassins houillers de la région de Düsseldorf, les écologistes se rassemblent en un Klimacamp (camp climat), pour peser dans la balance.
La mine à ciel ouvert de Garzweiler, un important gisement de lignite.

Le bassin houiller s'étend à perte de vue. La demi-douzaine d'excavatrices monstrueuses mangent le sol et avalent sans fin des tonnes de terre dans leurs godets. A l'horizon, quelques éoliennes tiennent compagnie à la centrale à charbon qui dégage paisiblement son volute de fumée dans le ciel bleu. A quelques centaines de mètre du précipice qui marque le territoire de la RWE (la compagnie exploitatrice) un village au préalablement vidé, Borschemich, est prêt à être englouti.

Manifestation anti-extractivisme Garzweiler
Les exavatrices de charbon sont parmis les plus gros véhicules du monde.

C'est à proximité de cette zone de 70 km carrés, dans le territoire en sursis vidé de presque tous ses habitants que le camp climat se déroule. Au programme, une université populaire climatique ou les places sont comptées : il faut s'inscrire en avance aux ateliers, sous peine de se retrouver le bec dans l'eau. Pour les oubliés, de nombreux groupes de travail nécessaires à la vie du camp recrutent : cuisine vegan, vaisselle, animation des tentes d'informations, etc.

Pour prendre connaissance du terrain, une manifestation est organisée à l'ouverture du camp. Ce sont environ 200 personnes qui défilent à travers des villages plus ou moins vides en scandant des slogans tels que "What do we want? Climate justice! When do we want it? Now!", "Let it in the ground" ou encore ""You thought it was oil, but it was blood" en référence à la catastrophe causée par le pétrole dans le delta du Nigeria.

Manifestation dans les rues de Borschemich, village vidé de ses habitants.
La France a essaimé le concept de décroissance grâce à des penseurs comme Serge Latouche ou de parutions satyriques comme La Décroissance, qui font tache d'huile dans les autres pays européens. L'Allemagne quand à elle, semble porter l'étendard de l'anti-extractivisme en Europe, Nous ne pouvons de toute façon pas exploiter les réserves fossiles que nous avons, sous peine de faire exploser le seuil des 2°C du réchauffement climatique. C'est le cheval de bataille des écologistes allemands : laissons sous terre ces réserves fossiles, n'extrayons pas plus de charbon, de pétrole ou d'uranium.
Borschemich à un jet de pierre du bassin houiller, est un village fantôme.
Les habitants expulsés du village d'Immerath, ont pour partie été relogés à une quinzaine de kilomètres. Toutefois certaines familles n'ont pas pu se reloger ici faute de ne pouvoir payer la différence de prix entre l'ancienne et la nouvelle maison.

Biennale du Design à St Etienne

L'ancienne Manufacture d'armes et Cycle de St Etienne, reconvertie en Cité du Design est le coeur de la biennale. La programmation de cette biennale est marquée par la question du travail et ses mutations en cours et à venir, pour le meilleur et pour le pire.

Extravaillance - Working Dead // Didier Fiuza Faustino, Alain Damasio, Norbert Merjagnan, collectif Zanzibar

Le meilleur, comme la mise en valeur des Tiers-Lieux, ces espaces collectifs créatifs basés sur la philosophie open-source, et situés en dehors de la sphère privée et de l'entreprise traditionnelle.

Et le pire, comme le Digital Labor avec les métiers cachés du net, notre participation invisible à la production de valeur, et le sous-emploi des turcs mécaniques d'Amazon, micro-tâcherons payés en quart de centimes pour finir le travail que les intelligences artificielles ne peuvent pas encore traiter.

Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, Institut Néoténie pour la fin du travail.

Finallement, j'étais très agréablement surpris par cette biennale. Là où je m'attendais à voir des expositions de design industriel tendant vers l'art contemporain un peu creux, j'ai découvert qu'une véritable réflexion sur le travail a été développée, avec des designers qui ont quelque chose à dire. Les artistes s'engagent, et c'est mieux pour tout le monde!

La Biennale Internationnale du Design, c'est à St Etienne du 9 mars au 9 avril 2017.
(N'hésitez pas à faire une visite guidée, c'est un vrai plus!)

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ZAD - Occuper pour protéger

Après deux ans d'interruption de mon travail au long cours sur les ZAD (Zones A Défendre) et autres contestations sur des grands projets d'infrastructure, j'ai repris ce sujet cet été à Bure, site prévu pour l'enfouissement nucléaire français ou les libertaires anti-nucléaires n'entendent pas laisser la main aussi facilement à l'ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radio-Actifs)
"La volupté de destruction est une volupté créatrice" Bakounine

Les opposants à CIGEO (projet d'enfouissement nucléaire) ont gagné une manche au mois d'aout. Le tribunal d'instance de Bar-Le-Duc a rendu illégal le défrichement en cours du Bois Lejuc par l'ANDRA. Cela rend impossible de poursuivre la construction du mur ceinturant ce même bois où les travaux pour l'enfouissement des déchets nucléaires à 500 mètres de profondeur doivent commencer sous peu.

Un appel à rassemblement des anti-nucléaire a été lancé mi-aout, et en l'espace d'un grand week-end, le mur long d'un kilomètre et 400 mètres a été détruit par des opposants survitaminés.
Depuis quelques mois, la médiatisation autour de Bure prend de l'ampleur, et les militants historiques voient venir de plus en plus de monde lors des appels lancés à la mobilisation. Il y avait plusieurs centaines de personnes ce weekend du 15 aout (300 à 400 selon Libération)

Terre Crûe / Éco-construction

Locale, bon marché, avec un impact environnemental faible, la terre crûe, utilisée depuis des millénaires, revient peu à peu en tant que matière première. Coup d’oeil dans le Nord Isère où une filière se structure.

Pisé, bauge, adobe ou torchis, les techniques de constructions en terre crûes sont multiples. Chaque technique requiert une terre aux caractéristiques bien particulière, plus ou moins argileuse, plus ou moins granuleuse. Comme elle est extraite localement, l’observation de l’habitat traditionnel dans votre région vous donnera un indice décisif sur les qualités de votre terre.

La terre crûe, en opposition à la terre cuite (comme les briques traditionnelles) ont un bilan énergétique bien meilleur lié à l'absence de cuisson, à l'origine locale et à l'absence de production de déchet.

Enduit en terre recouvrant une isolation en paille.

Principalement utilisée aujourd’hui dans la rénovation du bâti ancien, elle présente toutefois une alternative intéressante qui revient petit à petit au goût du jour. Certains architectes, comme Martin Rauch se réappropriant notamment le pisé, dont la texture à la fois lisse et granuleuse, l’aspect brut et le ton chaud, correspond assez bien aux goûts contemporain.

La nature collante de la terre argileuse est la texture recherchée pour le torchis. Le piétinement de celle-ci permet d'intégrer la paille au mélange.

En Isère, un département où l’habitat traditionnel est beaucoup basé sur le pisé, la terre crûe est poussée par des militants convaincus, avec à leur tête le laboratoire de recherche CRATerre de l’école d’architecture de Grenoble (ENSAG), Suivis de près par Amàco (pour Atelier Matière À Construire), qui met en avant un projet pédagogique et des formations basées sur les matériaux durables et locaux. À quelques kilomètres de là, le Domaine de la Terre, ce quartier construit dans les années 1980 est une expérimentation grandeur nature des différentes techniques de constructions en terre crûe.

Construction en pisé (Amàco) Batiment en adobe et pisé.

Inventaire naturaliste

Aux portes des grandes villes, les enjeux environnementaux sont de taille. L’artificialisation des sols impacte la flore et la faune aussi sûrement que le réchauffement climatique. Le Conservatoire Botanique National a annoncé il y a un an, que 23% de la flore est menacée en Rhône-­‐Alpes.

24h naturalistes de la FRAPNA, inventaire de la biodiversité à Chatillon d'Azergue.

Un état des lieux précis des écosystèmes est nécessaire pour connaître celles avec lesquelles nous cohabitons. L’inventaire naturaliste est la première étape pour la protection de la biodiversité. Il permet de savoir où sont les espèces remarquables et quelle est la dynamique des populations.

« 23% de la flore est menacée en Rhône-Alpes »

C’est dans ce cadre que la FRAPNA* à mis en place l’un de ses événement annuel, les 24H naturalistes. Une action qui consiste à rassembler une 30aine d'amateurs et professionnels de spécialités complémentaires (botanistes, entomologistes, …) dans le but d’inventorier les espèces rencontrées, étudier le terrain et effectuer en 24h un premier échantillonnage de la biodiversité pour identifier des espèces remarquables qui n’étaient pas suspectées sur un terrain donné.

Une tente blanche éclairée par des néons permet d'attirer les papillons de nuit pour faire l'inventaire des différentes espèces présentes aux alentours.

Au-­‐delà de cet évènement, ce sont les initiatives de la FRAPNA pour le suivi naturaliste qui pourront être documentés, avec notamment le comptage de mammifères, pièges photographiques et affuts, pour inventorier la grande faune.

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Enfouissement des déchets nucléaires

Que faire de cet encombrant héritage radioactif produit par les centrales nucléaires? Depuis 50 ans, quasiment 50 000 mètres cubes de déchets nucléaires à moyenne ou haute activité à vie longue ont d'ores et déjà été produits en France. Et ils resteront dangereux pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d'années. Aujourd'hui la solution retenue est l'enfouissement profond, le stockage en couches géologiques profondes.

Laboratoire de l'ANDRA à Bure, pour tester l'enfouissement de déchets nucléaires
Le très bon documentaire Into Eternity aborde le sujet d'Onkalo, le tombeau nucléaire finlandais. La difficulté est bien sûr d'assurer la sécurité sur ce type de site. Une des plus épineuses question est d'empêcher l'infiltration d'eau qui corrode les paquets nucléaires et se charge en radioactivité puis ruisselle. En Allemagne, dans les mines de sel d'Asse conçues pour stocker des déchets nucléaires de faible et moyenne activité, le problème se pose déjà.
Au USA également, dans un centre de stockage de déchets radioactifs d'origine militaire (WIPP, au Nouveau Mexique) deux incidents consécutifs eurent lieu en 2014, dont un relâchement de particules radioactives dans l'atmosphère, 15 ans seulement après l'inauguration du site.
La quasi impossibilité d'assurer une stabilité sismique sur un laps de temps sans commune mesure est un risque supplémentaire. D'autant plus que les calculs de risques sismiques reposent sur l'analyse des risques estimés passés, alors que la fracturation hydraulique pour l'exploitation du gaz de schiste provoque de nombreux séismes de faible intensité aux USA. il est impossible de garantir qu'aucune action humaine ultérieure ne viendra rompre l'équilibre géologique local. Dés lors, comment pouvons nous être sûr de la sécurité à long terme de ces sites?
Centrale nucléaire du Bugey, vue depuis la nécropole archéologique de Larina.

A l'échelle de ces risques, étant donné le volume de déchets accumulés en 50 années seulement pour un stockage jusqu'à 100 000 ans, la fission nucléaire apparait vraiment comme une énergie du XXème siècle, trop lourde de conséquences pour les bénéfices engrangés. Chaque pays nucléarisé devra gérer ses propres déchets : USA, France, Royaume-Uni, Allemagne, Chine, Japon, Russie, etc. Autant d'enfouissements selon les normes de chacun, autant de trous profonds qui devront rester sûrs pour une durée sur laquelle nous n'avons aucun recul...

Grandes serres tropicales

Les grandes serres tropicales ne sont pas très nombreuses en France, et toujours très impressionnantes. Une dizaine sont suffisamment grandes pour avoir l'impression de pouvoir s'y perdre. Les plus anciennes sont celles du Jardin des Plantes, dans le parc du museum national d'histoire naturelle de Paris (MNHN).

Celles du jardin botanique au parc de la Tête d'Or à Lyon, sont les deuxième en date. Conçues il y a 150 ans par Gustave Bonnet, directeur du Parc de la Tête d’Or, elles furent construites avec une armature en bois. Trop fragiles pour durer, elles furent reconstruites entre 1877 et 1880.

Grandes serres du parc de la Tête d'Or (Lyon)

L'année suivante, se sont celles de Strasbourg qui voient le jour. Mais seules quelques photographies d'époque permettent d'en voir les traces étant donné qu'elles furent détruites par un violent orage en 1958.

Il en existe également à Auteuil, Nice, Bordeaux, mais les dernières en dates et les plus grandes sont probablement celles du zoo de Vincennes, inaugurées en 2014, qui ne sont pas conçues uniquement pour la flore mais également pour la faune.

Grandes serres du jardin botanique de Lyon

Si aujourd'hui les buts sont clairement la préservation de la biodiversité (et l'agrément), historiquement les premières serres tropicales correspondent à l'époque de la colonisation. Le but de leurs construction était l'acclimatation des espèces (animales et végétales) au climat local, pour pouvoir exploiter ces espèces rares localement et ainsi s'affranchir de la contrainte de la distance pour l'approvisionnement (d'où l'expression "jardin d'acclimatation" ou "jardin colonial").
Le plus bel exemple d'acclimatation est probablement l'Orangerie du palais de Versailles, qui approvisionnait la cour du Roi Soleil en agrumes. Puis avec les grandes serres c'est la maîtrise du climat qui devient possible. La construction de celles-ci coïncida plus ou moins avec le début de la grande odyssée des espèces invasives qui marquent notre époque.

Toutes les photos ont été faites au Rolleiflex 3,5F Planar, sur film TriX.
Serre des agaves au jardin botanique de Lyon

Lyon Part-Dieu - Pentax 67

J'ai fais prendre l'air à mon Pentax 67 (moyen format argentique) pour une série d'architecture à Part-Dieu. Un gros projet d'urbanisme vise ce quartier d'affaire central à Lyon. L'évolution devrait être assez flagrante dans les années qui viennent.

Environnementalement la construction de hautes tours de bureaux est discutable de par la dépense énergétique et de ressources que cela induit. En parallèle se pose la question de la densification des centres villes nécessaire pour lutter contre l'étalement urbain.

En accord avec l’amendement du projet de loi "pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages" les toits des zones commerciales devront être végétalisées. Les avantages sont multiples :
-Protection de la biodiversité
-Isolation thermique
-Lutte contre les îlots de chaleur

En effet, lors des canicules on observe plusieurs degrés d'écart entre une zone urbaine végétalisée ou une avenue bordée d'arbres, et un quartier ou le béton et le bitume accumulent et restituent la chaleur.

Le parking du centre commercial Part-Dieu (photo) ne fera pas exception à la règle et sera végétalisé, au moins en partie.

Pentax 67 + Takumar 105mm f2,4 + 55mm f4
Film diapo Provia 100F
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L'évènement Anthropocène

« Ce dont l’Anthropocène est le nom » est le titre de la première partie de ce livre, dressant un tableau de l’aspect géologique de cet événement total qu’est l’impact de l’homme sur sa planète.

"Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine."

Le Pléistocène est l’époque des tigres à dents de sabre et des mammouths. L’Holocène, lui a succédé il y a 10 000 ans, et nous pensions encore être dans cette ère jusqu’à ce que l’on découvre les impacts de l’humanité dans les strates géologiques, les glaces, les sédiments.

L’Anthropocène c’est principalement l’ère du pétrole et des énergies fossiles, du plastique et des métaux, de la chimie et des nitrates. Ainsi commence le livre de Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, historiens au CNRS, qui vont éclairer d’un nouveau jour l’impact de la révolution thermo-industrielle depuis le XIXème siècle, en s’attardant sur la «grande accélération» après la deuxième guerre mondiale.

Toutes les courbes montrent une rupture à la moitié du XXème siècle. Sur des données aussi variées que la population mondiale, la consommation de papier, la consommation d'engrais, les grandes inondations, les investissements directs étrangers...

Les auteurs démontrent d'ailleurs que dés la première révolution industrielle, des visionnaires s'élevaient pour interroger un changement nocif. Eugène Huzar en 1857 :

"Dans cent ou deux cents ans le monde, étant sillonné de chemins de fer, de bateaux à vapeur, étant couvert d'usines, de fabriques, dégagera des billions de mètres cubes d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, et comme les forêts auront été détruites, ces centaines de billions d'acide carbonique et d'oxyde de carbone pourront bien troubler un peu l'harmonie du monde"

La troisième partie de ce livre essaye de mettre un nom sur les raisons principales de cet état de fait : Thanatocène l'impact des guerres mondiales, leurs contributions aux armes chimiques, à l’extractivisme de charbon puis de pétrole, à la technologie nucléaire. Phagocène parle de notre désir de consommation qui nous pousse à toujours vouloir plus, comme si la source était intarissable et les déchets inexistants. Thermocène une histoire politique du CO2, etc.

Le livre ne vient pas de sortir, il date de 2013. Je l'ai lu il y a un an, et je dois dire qu'il m'a marqué!
Facile à lire, 272 pages, édité chez Seuil, dans la collection Anthropocène qui est dirigée par l'auteur de ce livre.

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Commémoration des attaques de Paris

Un mois après, presque jour pour jour, après les attentats de Paris, les bougies sont toujours présentes sur les marches de l'hôtel de ville de Lyon, place des Terreaux. Des personnes s'arrêtent encore pour en rallumer et se recueillir.

Commemoration des attaques terroristes de Paris
Suites aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la Fête des Lumières qui rassemble ordinairement des millions de visiteurs à Lyon, à été annulée suite au déclenchement de l'état d'urgence en France. L'évènement du 8 décembre a été remplacé par un hommage aux victimes des attentats.
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Do It Yourself (DIY) et photographie

Le Do It Yourself est un mouvement ou le consommateur, également acteur, ne se contente plus de consommer un bien, mais participe notamment à sa conception, à sa réparation, et à son recyclage.

En ce qui concerne la photographie, l'usage de l'argentique, notamment le développement du noir et blanc en labo, permet de s'équiper à faible coût et de maîtriser la création d'images de A à Z. Pour les puristes du DIY, une recette de produit chimique est même disponible pour faire du révélateur a partir de produits du quotidien : le Cafénol (à base de café soluble et de vitamine C)

sous le capot du Nikon FM / DIYReparation du Nikon FM

Depuis le début d'année, je me suis intéressé au démontage et à la réparation d'appareil, dans un but d'entretien de mes appareils reflex (Olympus, Nikon, Canon, ...) qui avaient bien tournés pour la réalisation de ce travail. Au bout de quelques mois de pratique hebdomadaire, et avec l'aide de quelques forums et autres fondus de l'argentique, j'ai enfin pu réparer des pannes simples telles que le gommage d'un diaphragme, le nettoyage de champignons sur les surfaces optiques, resouder un fil électrique qui avait lâché sur la cellule d'un boitier...

Un minimum d'outillage est nécessaire à un démontage en règle, ainsi qu'un boitier à sacrifier pour la première tentative.

- Une cuvette, pour éviter aux vis minuscules de rebondir sur 15 mètres carré de carrelage
- Des tournevis de précision
- Un spanner pour les optiques
- Une lampe frontale
- Des pinceaux pour le nettoyage des petites pièces et de l'intérieur du boitier
- Un fer à souder
- Des pinces
- Des mousses d'étanchéité à la lumière
- Un coquetier pour tenir les optiques verticales pendant une opération à ventre ouvert, sans abimer les lentilles. Ou pour mettre de l'essence F et nettoyer les lamelles d'un diaphragme.

A partir de là, il suffit de s'armer de patience, d'un éclaté de l'appareil en question, et de conseils avisés, pour tenter la première opération chirurgicale...

Naomi Klein - Tout peut changer

Il y a un mois ou deux, sortait Tout peut changer (This Change Everything, en anglais) le nouveau livre de la très engagée Naomi Klein, célèbre journaliste canadienne d'investigation, qui après No Logo et La Stratégie du Choc, a écris ce livre sur les rapports entre capitalisme et changement climatique.

Ce livre est à l'image des précédents : c'est un pavé. 596 pages dont 66 de notes et références qui assoient la crédibilité des recherches menées par l'auteur.

Tout peut changer, This Change Everything, de Naomi Klein

Je n'en suis pour l'instant que dans les 150 premières pages. C'est à dire au début à l'échelle d'un livre comme celui-ci. On retrouve le même style d'écriture que dans La Stratégie du choc, où les arguments sont étayés et traités les uns après les autres, afin de brosser une grande vision d'ensemble de la thèse avancée, jusqu'à en avoir une vision globale.

Naomi Klein démonte petit à petit les mécanismes de lobbying des grands groupes, et les manières de faire de ceux qu'elle appelle les fondamentalistes du marché. Elle met dans la balance d'un coté le contenu incitatif des traités environnementaux, et de l'autre le cadre contraignant de l'OMC. Elle donne en exemple les initiatives publiques de soutient aux énergies renouvelables qui ont été démantelées à cause des règles de libre concurrence, le marché favorisant l'usage du charbon chinois pour produire des panneaux photovoltaïques à faible coût, ce qui empêche l'émergence d'autres constructeurs a des échelles plus locales.

J'écrirais une autre note de blog lorsque j'aurai plus avancé dans la lecture dulivre.

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Premières notes

Ça y est, je relance un blog! On est loin du Bloc-notes évolutif et polymorphe que je tenais il y a 5 ans lorsque je suis arrivé à Lyon! Aujourd'hui j'ai pris le tournant environnemental, j'ai décidé de me spécialiser pour m'ouvrir des perspectives.

J'ai pris cette décision parce que je me sentais de plus en plus déconnecté avec la manière de travailler : courir après les politiques et les réunions publiques, sans grande conviction sur le fond, en ayant l'impression d'alimenter les nouveaux chiens de garde, ou produire des reportages exigeants qui avaient du mal à trouver preneurs, crise de la presse oblige!

Parcours éducatif à la Réserve Naturelle du Marais du Vigueirat (Arles - Camargue)

Au fil de mes lectures (dont je vous parlerai dans ce blog) il m'a paru de plus en plus évident de me spécialiser sur l'environnement. Ce thème était l'un des rares qui avait encore du sens pour moi, et le sujet était relativement peu traité malgré les nombreuses urgences écologiques : acidification des océans, raréfaction dramatique des poissons, menaces généralisées sur la biodiversité, changement climatique, etc. La question étant de documenter cela, tout en minimisant l'impact de mes actions : Est-ce que cela vaut vraiment la peine de consommer une tonne de CO2 pour un reportage sur un autre continent? N'y a t'il pas suffisamment à documenter en Europe de l'Ouest?

Lézard vert (Lacerta bilineata) - Réserve Nationale du marais du Vigueirat (Arles - Camargue)

J'ai donc appris, et je continue d'apprendre, pour pouvoir répondre aux attentes les plus larges possibles sur ces sujets, tout en étant à la pointe de ce que je peux offrir, de manière créative et technique.


Je vous invite donc à venir régulièrement sur ce blog pour un suivi hebdomadaire : des partages d'images, des conseils de lectures, et j'espère bien quelques découvertes à la clef!